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mardi 16 janvier 2018

Psychodrame : Juppé théâtralise son retrait de 'Les Républicains'

Alain Juppé s'en prend au parti issu de l'UMP qu'il a présidée
Alain Juppé, ) Bordeaux, le 6 mars 2017.
La descente aux enfers
Le maire de Bordeaux veut "observer ce que sera l’évolution" du parti, " notamment dans la perspective des élections européennes de 2019".
Les juppéistes infligent le supplice chinois du compte-gouttes aux électeurs de Laurent Wauquiez. L'un après l'autre, ils annoncent comme le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qu'ils s'en vont voir ailleurs ou menacent, comme le président du conseil départemental de la Charente-Maritime, Dominique Bussereau, de prendre "congé", deux anciens ministres, qui ont orchestré l’exil de ceux des leurs qu'ils accueillent aussitôt parmi "Les constructifs" ayant rejoint ou soutenant Emmanuel Macron, tel Darmanin qui avoue aujourd'hui ne pas être heureux au gouvernement. Alain Juppé entre donc dans sa phase de recul, comme Ségolène Royal qui avait mis d'elle-même "au frigidaire", selon son expression, sa candidature à la tête du PS, le 15 septembre 2008, avant de devenir la reine des neiges et l'"encombrante ambassadrice des pôles pour Nicolas Hulot".

Le fondateur et premier président de l’UMP, en 2002, reprend son rôle de nuisance du premier parti d'opposition, aujourd’hui LR, dont l’élection de Laurent Wauquiez à sa présidence en décembre 2017 a consacré la désaffection des militants pour le vin de Bordeaux tiède que Les Constructifs souhaitent mélanger à l'eau tépide de LREM. 
Agé de 72 ans, le maire de Bordeaux a annoncé, lundi 15 janvier, qu’il ne reprendra pas sa carte du parti cette année, réalisant ainsi une économie d'environ 5.000 euros.

"Je n’ai pas payé ma cotisation de 2017 et je n’ai pas envie de payer celle de 2018, donc j’ai fait savoir que je démissionne de la présidence de la fédération LR de la Gironde, a-t-il clamé lors de ses vœux prononcés depuis la cité de l'esclavagisme. La traite négrière à Bordeaux est à l'origine de la déportation de près de 150 000 esclaves noirs entre 1672 et 1837. J
Je prends du recul et je vais observer ce que sera l’évolution de cette formation politique dans les mois qui viennent, et notamment dans la perspective des élections européennes de 2019." Un scrutin lors duquel l’ancien premier ministre pourrait tomber dans les bras d’Emmanuel Macron. Pour l'heure, il dément son intention d'accepter d'être tête de liste de la majorité...

L’ancien perdant de la primaire de la droite en 2016 n’a pas dit clairement qu’il quitte sa famille politique. "Une des difficultés de la formation politique LR, c’est que sa composante centriste s’est détachée de ce parti, ce que je regrette", a-t-il souligné. 
Juppé polémique en instrumentalisant la fibre européenne des centristes et en ignorant les déclarations euro-compatibles de L. Wauquiez qui préconise une refondation de l'Union européenne, comme une majorité de Français de tous bords. 
C'est ainsi faire peu de cas de Jean Léonetti, un pro-européen, ancien vice-président du Parti radical, puis de l'UMP, et actuellement membre des Républicains. Mais il ne faut pas compter sur Le Monde pour rétablir la vérité.

Prison de Vendin-le-Vieil : la ministre de la Justice prise en otage

Nicole Belloubet est entrée sous les huées, mais n'est pas ressortie : 
elle communique par téléphone ?

"Visite très mouvementée" (LCI), "visite chahutée" (Le Parisien) ou prise d'otage ?


Nicole Belloubet est en visite ce mardi 16 janvier à la prison de Vendin-le-Vieil, où trois surveillants ont été agressés à l'arme blanche par un détenu radicalisé, un djihadiste allemand de 51 ans, Christian Ganczarski, jeudi 11 janvier. Co-instigateur de l'attentat contre la synagogue de Djerba en avril 2002, l'islamiste a été mis examen lundi soir par un juge antiterroriste à Paris pour tentatives d'assassinat.

"Belloubet aboule le blé". Les surveillants pénitentiaires attendent des actes de la part du gouvernement. "On n'a plus les moyens de travailler en sécurité, que ce soit en termes de moyens humains ou matériels", a résumé le responsable local de l'Ufap-Unsa, Alexandre Caby, réclamant notamment plus de recrutement et "un profilage des détenus pour qu'ils soient placés dans des établissements correspondant à leur profil pénal".
La démission du directeur de la prison de Vendin-le-Vieil, qu'ils réclamaient depuis plusieurs jours, et le "plan pénitentiaire global" et flou promis par Emmanuel Macron pour fin février, n'ont pas suffi à calmer le mécontentement.
"On joue notre vie pour 1.500 euros", explique Martial Delabroye, représentant FO au centre pénitentiaire sud francilien de Réau (Seine-et-Marne). Depuis 2013, lui aussi voit les départs se multiplier vers d'autres administrations: police nationale et municipale, douanes, mais aussi "les impôts". Or, Belloubet croyait s'en sortir avec une enveloppe représentant pour chacun-e quelques dizaines d'euros mensuels supplémentaires.
Il y a seulement quelques semaines, dans sa volonté de socialisation des prisons, la ministre socio-compassionnelle de la Justice annonçait la généralisation des téléphones au profit des détenus et pour permettre d'alléger la charge de travail des surveillants. Des téléphones fixes seront donc installés dans les 50.000 cellules des 178 établissements pénitentiaires français d'ici "une trentaine de mois", avait déclaré Nicole Belloubet.

Les surveillants pénitentiaires qui manifestent devant la prison souhaitent bloquer la sortie de l'établissement à la garde des Sceaux.

Un feu de pneus devant la prison e Vendin-le-Vieil, lundi 15 janvier 2018,
Depuis le début de semaine, ils bloquent les établissements dans la France entière. Les trois principaux syndicats de personnel pénitentiaire (l'Ufap-Unsa Justice, majoritaire, CGT-Pénitentiaire et FO-Pénitentiaire) avaient appelé à reconduire mardi 16 janvier le mouvement national de blocages de prisons. C'est ainsi qu'une cinquantaine de fonctionnaires était une nouvelle fois présente devant cette prison du Pas-de-Calais.

Le premier appel au "blocage total" des prisons a été très suivi lundi, pour réclamer plus de sécurité après l'agression de trois surveillants par un détenu djihadiste. Le 15 janvier, 139 des 188 centres pénitentiaires de France ont été "impactés à des degrés divers", soit par des blocages totaux, partiels, des piquets de grève, des débrayages ou des retards, selon l'administration pénitentiaire. En fin de journée, "il n'y a plus de blocage autre que Fleury-Mérogis", avait-on indiqué. Une centaine de surveillants étaient rassemblés depuis 18h devant cette prison d'Essonne, plus grand centre pénitencier d'Europe.
Selon des responsables syndicaux, une centaine de gardiens était mobilisée à Fresnes (Val-de-Marne). A Fleury-Mérogis, les barricades brûlées jusque tard dans la nuit de lundi à mardi n'avaient pas été remontées sur le chemin qui mène à la plus grande prison d'Europe. Le blocage auquel participaient quelque 80 agents en tout début de matinée était en train de se lever aux alentours de 8h00.
Ailleurs en France, une vingtaine de personnels s'étaient rassemblés à Laon (Aisne), une vingtaine à Annoeullin (Nord), une quarantaine à Sequedin (Nord), une quarantaine à Beauvais (Oise). A la maison d'arrêt de Nice, le blocage a repris dès 06h00 selon des sources syndicales.
Selon Philippe Abime, responsable de FO pénitentiaire en PACA, les prisons d'Aix-en-Provence, Arles et Grasse ont connu des "retards de prise de fonction" ce matin, mais la situation était rentrée dans l'ordre à 08h00, tandis que des mobilisations étaient en cours à Salon, Tarascon et Toulon.
A Osny, dans le Val d'Oise, une trentaine de syndiqués empêchaient les extractions des prisonniers et comptaient "retarder les parloirs," selon Tony Verdier, représentant FO. Tandis qu'à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, ils étaient une vingtaine.
Les prisons de Bonneville, Lyon-Corbas, l'établissement pour mineurs du Rhône, à Roanne et Aurillac étaient également bloquées, selon le délégué régional UFAP-UNSA Auvergne-Rhône-Alpes Dominique Verrière. Dans les établissements de Valence, Riom et Villefranche-sur-Saône, les vilains matons ont retardé les appels d'"au moins ...15 minutes"!
Une cinquantaine d'agents bloquaient la maison d'arrêt de Villepinte, avec un panneau "Belloubet, aboule le blé".
Les syndicats avaient appelé à la poursuite du mouvement ce mardi, alors que la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, se déplaçait à Vendin-le-Vieil.

"Elle ne sortira pas" et Macron, pourtant à Calais, la laisse "se débrouiller" 

En colère, les surveillants de Vendin-le-Vieil ont accueilli la garde des Sceaux en chantant La Marseillaise, et en lui lançant des slogans comme : "Vous êtes en retard, Madame la ministre", "des moyens financiers, des moyens humains" ou encore "des solutions Madame la ministre".


Arrivée mouvementée de la ministre @NBelloubet à la prison de . Les gardiens chantent la marseillaise et réclament « des moyens pour la Penitentiaire ».
Avant d'entrer dans l'établissement, la ministre avait déclaré aux mécontents être venue - six jours après les faits -  "pour les écouter" mais la colère des personnels n'est pas retombée. 
Résultat de recherche d'images pour "belloubet aboule le blé"Plusieurs surveillants ont décidé de bloquer la sortie de l'établissement à Nicole Belloubet. "On doit bloquer la ministre, elle ne sortira pas d'ici ! On est pris pour des cons, c'est un ras-le-bol total, ça fait des années que ça dure et aucun gouvernement nous a écouté jusqu'à présent", déplore l'un des manifestants. Avant d'ajouter : "Elle est venue chez nous, mais elle aura du mal à sortir ou alors, on sera délogés par les forces de l'ordre".

Selon la presse, des négociations étaient toujours en cours avec les syndicats à la mi-journée à l'intérieur de la prison, alors qu'à l'extérieur, les surveillants de prison, dans l'expectative, sont tendus.

Favoritisme : le gouvernement appelle le patron de Radio France à "tirer les conséquences" de sa condamnation

Nyssen appelle Mathieu Gallet à la démission

Alors qu'il a déclaré sa volonté de se maintenir à son poste, bien que condamné  par le tribunal de Créteil pour favoritisme, 
la ministre de la Culture Françoise Nyssen a demandé au patron de la radio d'Etat de se retirer 

"Il appartient à l’intéressé d’en tirer les conséquences, ainsi qu’au Conseil supérieur de l’audiovisuel [CSA], légalement compétent", a déclaré la ministre, dans une déclaration au journal Le Monde.

"Les dirigeants d’entreprises publiques ont un devoir d’exemplarité. Un dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable, a insisté la ministre de la culture Françoise Nyssen au Monde, mardi 16 janvier.

Ces propos marquent un durcissement de la ligne du gouvernement, qui réclame désormais le départ volontaire de Mathieu Gallet

Mathieu Gallet a en effet été déclaré coupable 

Le tribunal l'a condamné la veille à un an de prison avec sursis (!) et 20.000 euros d’amende pour "favoritisme" lorsqu'il dirigeait l'Institut national de l'audiovisuel (INA). 
L’actuel président de Radio France était soupçonné d’avoir commandé à deux sociétés de conseil, pour environ 400.000 euros de prestations, sans avoir respecté les règles des marchés publics, lorsqu’il présidait l’INA, entre 2010 et 2014. 
Le Parquet avait requis dix-huit mois de prison avec sursis et 40.000 euros d’amende. 

Gallet a fait appel.
"Nous faisons immédiatement appel pour que la cour examine ce dossier avec sérénité et dans le respect des droits de la défense", a déclaré l’avocat de Mathieu Gallet, Christophe Ingrain.

Embarras du gouvernement

De façon préventive et alors qu'il était assuré du soutien du sommet de l'Etat, Gallet avait exclu de démissionner, dans un entretien au Monde réalisé mi-décembre : "Mon mandat court jusqu’en mai 2019 et je resterai pleinement investi jusque-là," avait-il proclamé.

Le changement de ton de Mme Nyssen est une surprise. 
Dans un premier temps, lundi dans la journée, le ministère de la Culture avait évité de prendre position sur le fond : "C’est d’abord à Mathieu Gallet qu’il revient d’apprécier les éventuelles conséquences de la décision, avait fait valoir au Monde le cabinet de la ministre Françoise Nyssen. La loi donne actuellement au seul Conseil supérieur de l’audiovisuel [CSA] le pouvoir de nommer et de défaire les mandats. Dans ce cadre, toute intervention de l’exécutif serait critiquable."

Ensuite, un communiqué diffusé quelques heures plus tard, lundi soir, avait indiqué la désolidarisation de la ministre, rappelant son attachement "au respect des règles de la commande publique et à l’exemplarité des dirigeants des établissements et des entreprises publiques".

Jusqu’ici, la majorité présidentielle n'avait qu'à se féliciter du soutien de Mathieu Gallet qui bénéficiait d’une bienveillance certainePlus que Radio France, l'exécutif contestait le groupe France Télévisions de Delphine Ernotte dans ses choix budgétaires et ses prises de position.
Selon la loi de novembre 2013 sur l’indépendance de l’audiovisuel public, "le mandat des présidents (…) peut leur être retiré, par décision motivée" du CSA, "à la majorité". Mais le Conseil ne devrait pas se pencher sur le cas Gallet avant  mercredi au plus tôt, jour de sa prochaine session plénière. Pour justifier le maintien de Gallet, le CSA pourrait faire valoir que les faits ne concernent pas Radio France, mais l’INA. Le patron dont la moralité est engagée est pourtant la même personne.
Par ailleurs, le fait que Mathieu Gallet ait fait appel pourrait encourager le CSA à différer sa décision. Mais, tout indépendant qu'il soit, le conseil devra désormais prendre en compte la volte-face de l’exécutif.

Enfin, l'Elysée pourrait vouloir démontrer à cette occasion que Mathieu Gallet n'est pas aussi intouchable que l'affirment certaines sources suggérant que Gallet et Macron seraient "du dernier bien", selon le langage archaïque (XVIIIe s.) pratiqué par la professeure de théâtre du président. 
La rumeur sur la possible homosexualité ou bisexualité d’Emmanuel Macron n’est pas nouvelle. En novembre 2016, sur le plateau de Mediapart Live, Macron avait déclaré, d'un ton grave: "Je le dis très simplement que ceux qui s’amusent à faire ça se fatiguent. Moi en tout cas je ne changerai pas de vie pour eux. Je n’ai pas de double vie et je tiens plus que tout à ma vie familiale et maritale". En même temps, il affirmait : "Je suis tel que je suis, je n’ai jamais rien eu à cacher."
La journaliste Raphaëlle Bacqué, auteure d’une biographie de Richard Descoings qui fut en couple avec Guillaume Pépy, n’avait pas manqué de confier à l’AJL à propos de Mathieu Gallet :
"Quand j’ai fait le portrait du président de Radio France Mathieu Gallet, j’ai parlé au détour d’une phrase des "garçons". Illico, son conseiller en communication, le fameux Denis Pingaud payé 90.000 euros par an, m’a appelée pour me dire "c’est scandaleux, vous avez 'outé' Mathieu". D’abord, je tombais un peu des nues, parce que je pensais que ça avait déjà été écrit. Je n’avais pas du tout le sentiment de l’avoir 'outé'. Eh bien, il en a discuté avec le directeur général du Monde. […] Cela se passe comme ça chez les puissants: on ne vous dit rien, on appelle l’actionnaire."
Les avocats du président de Radio France avaient tenté d’obtenir la nullité de la procédure.
La défense estime que la procureure de la République de Créteil, Amélie Cladière, se serait montrée "partiale" et aurait commis des erreurs, par exemple en imposant à un personnage public une garde à vue superflue ou en n’interrogeant pas certains acteurs clés. Les avocats ont même porté plainte contre le parquet de Créteil pour violation du secret de l’enquête, puisque le présumé innocent a appris sa condamnation dans la presse... Mais jusqu’ici, ils n’ont pas été entendus.
 
La condamnation de Mathieu Gallet "est une vraie satisfaction", a jugé Jérôme Karsenti, avocat de l’association Anticor, qui avait porté plainte en 2015 contre la "gabegie" des ex-dirigeants de l’INA, Mathieu Gallet (pour le renouvellement injustifié de mobilier) et Agnès Saal (pour des factures effarantes de taxis).
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Pour sa défense, Mathieu Gallet avait plaidé sa méconnaissance des "questions de marché public" ! Deux contrats étaient concernés. 
Le premier avait été signé avec l'un des principaux cabinets internationaux de conseil en stratégie, l'allemand Roland Berger en 2013, pour accompagner à l’INA la fusion des directions des archives et du dépôt légal. Un premier marché a été passé avec appel d’offres, mais il a été suivi d’un avenant, puis d’un "marché complémentaire", pour un montant total de 290.000 euros. Selon l’accusation, Gallet a "saucissonné" le marché pour éviter de lancer un "appel d’offres européen" et pour le confier à Roland Berger, qui avait déjà travaillé pour l’INA en 2010.
Roland Berger conseille des multinationales, des organisations à but non lucratif et des établissements publics dans de nombreuses problématiques de gestion, mais la question de l’indépendance de Roland Berger a souvent été posée et les départs s'y multiplient, en France : à l’été 2017, il y avait moins de 200 consultants et 220 à 230 en incluant 60 à 70 fonctions support, loin des 400 consultants visés en 2012. Outre l'organisation interne du cabinet en filiales, le positionnement de Roland Berger hors de la banque et de l'assurance, deux secteurs qui génèrent pourtant le gros des dépenses de conseil, soulève également quelques soupçons.
Le second contrat n’avait, lui, pas fait l’objet d’une mise en concurrence. Il s’agissait de prestations payées mensuellement à Balises, la société du consultant Denis Pingaud, pour un total de 130.000 euros, supérieur au seuil pour les appels d’offres. 
La Cour des comptes, qui étudie les finances de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), a eu à se pencher sur les contrats passés entre l'institution et plusieurs sociétés de conseil, dont OpinionWay et Balises, soupçonnées d'être entachées "d'irrégularités", selon une note d'un service du ministère de l'Économie. 350 mails ont été échangés entres les membres du comité exécutif de Radio France et le président de Balises, société de conseil en stratégies d'opinion et de communication. Un dialogue ininterrompu découvert par les inspecteurs des Finances dépêchés par Bercy lors de leur passage dans les locaux du groupe public.
Gallet a justifié le choix d’un conseiller qu’il connaissait personnellement et a assuré que "les équipes en place" n’avaient pas demandé la mise en concurrence de ce contrat. "Cela a été fait" à Radio France, où une société de D. Pingaud a également obtenu un contrat, a précisé Gallet.
En un an, le conseiller en communication Denis Pingaud a contribué aux nominations de Mathieu Gallet puis de Delphine Ernotte à la tête des deux groupes audiovisuels publics.
En décembre 1980, il avait pourtant été
condamné à 1.000 francs pour diffamation envers Alain Serieyx. En 1998, il devint directeur du développement et de la communication de Médecins sans frontières et, en juin 2008, vice-président d'Opinion Way, avant de fonder en juillet 2017 sa 3e agence, spécialisée dans le conseil d'entreprise, avec Roman Abreu et Gaspard Gantzer, ancien conseiller de Hollande, chargé des relations avec la presse, chef du pôle communication à la présidence de la République. Une reconversion rapide dans le privé...
La réaction des syndicats de Radio France pèsera sur l'exécutif. 
Lundi, Philippe Ballet, le président de l’UNSA, ne demandait pas le départ de de son patron : "Doit-il démissionner ? Non, vu qu’il a fait appel." Le syndicaliste raconte que "la décision conteste un peu la légitimité du président à la tête de Radio France, à un moment où la relation et le rapport de force avec la tutelle sont importants" en raison de la future réforme de l’audiovisuel public. 
Un autre employé syndiqué estime à titre personnel que M. Gallet devrait démissionner mais juge "risqué" de demander sa tête, vu les réformes à venir.

La procédure de renouvellement du mandat de Mathieu Gallet devrait, en principe, être enclenchée à la fin de 2018, mais l’exécutif envisage, auparavant, de changer le mode de nomination pour le confier au conseil d’administration des entreprises concernées. De plus, le gouvernement n’exclut pas de créer une structure commune de pilotage de Radio France et France Télévisions à la fois, ce qui supposerait de nommer un super-patron unique dès le courant de 2018.

lundi 15 janvier 2018

SNCF : un nouvel accident sur un passage à niveau fait deux morts près d'Auxerre

Cet accident mortel sur un passage à niveau a eu lieu sur la commune d'Auxerre  dans l'Yonne

Le drame s'est joué à Jonches, ce dimanche.

Yonne : un accident sur un passage à niveau de Jonches fait deux morts"Une voiture s'est fait percuter par un TER qui venait de partir d'Auxerre. L'accident a fait deux morts. Il s'agit des deux personnes qui étaient à bord du véhicule, un homme et une femme âgés d'une vingtaine d'années. Les occupants du TER sont quant à eux indemnes", a expliqué le journaliste de France 3, Sébastien Kerroux, sur place.

"Les barrières étaient fermées aux voies, selon les premières constatations", a-t-il poursuivi. "L'enquête devra déterminer les circonstances précises de cet accident. 



Le passage à niveau de Jonches est le onzième passage à niveau le plus dangereux de France. 
La mairie socialiste d'Auxerre avait déjà promis de le supprimer après un premier accident qui s'était produit en 2010, et qui avait fait 18 blessés. Cet accident dramatique permettra peut-être d'accélérer les choses"...

Agression islamiste de Vendin-le-Vieil : "blocage" lundi dans les prisons

Une ministre de la gauche de l'ex-PS parachevant le saccage de la justice par Taubira ?

Les syndicats appellent à un "blocage total" des prisons lundi dès 06h00 pour réclamer plus de sécurité

A l’extérieur de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), vendredi.
"C'est une opération prison morte", après l'agression de trois surveillants par un détenu djihadiste seul, dans une prison du Pas-de-Calais, symbole d’une nouvelle génération de prisons "ultramodernes" et "ultrasécurisées". 
Tout sera fait au ralenti. Les agents sont très déterminés", a déclaré Jean-François Forget de l'Ufap-Unsa Justice. 

Selon les différents récits, armé d’une paire de ciseaux à bout rond et d’un couteau, l'islamisiste s’est jeté sur eux en criant 'Allah akbar'. L’un d’entre eux a été hospitalisé pour des points de suture. Le Parquet de Paris a ouvert une enquête pour tentatives d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste.

Vendredi après-midi, les équipes régionales d’intervention et de sécurité sont arrivées en renfort, tandis que les personnels restaient sur le pont : les syndicats CGT et Unfap-Unsa-Justice ont appelé à un "blocage total" des prisons françaises dès lundi 6 heures.
Des débrayages ont déjà eu lieu dans plus d'un tiers des établissements pénitentiaires français, vendredi, au lendemain de l'agression qui a eu lieu à Vendin-le-Vieil, qui accueille 90 détenus réputés parmi les plus difficiles et violents (44 % d’occupation).
Cette prison neuve a déjà connu une redoutable série noire : deux prises d’otages, l’assassinat d’un prisonnier par un autre. Puis, jeudi, l’agression de trois surveillants entraînant dès le lendemain le blocage de l’établissement. Depuis, aucune activité ni promenades n'est assurée aux détenus; seule la distribution de repas et de médicaments a été effectuée, ainsi que l’appel. "Le climat est plus que tendu. Ca fait seize ans que je suis dans la pénitentiaire et je n’ai jamais connu ça", commente Philippe Maurice, du syndicat majoritaire Ufap-Unsa-Justice, brigadier de roulement à Vendin-le-Vieil.
Trois syndicats l'Ufap-Unsa Justice, syndicat majoritaire, la CGT Pénitentiaire et FO Pénitentiaire sont à l'origine de cet appel à un mouvement "reconductible". "Tant qu'on ne trouvera pas un chemin d'entente avec le gouvernement, on ne lâchera rien", a affirmé le représentant de l'UNSA qui dénonce "l'impunité totale" dans les prisons.
Dans un tract vendredi, l'Ufap-Unsa Justice et la CGT Pénitentiaire dénonçaient le "laxisme" des gouvernements successifs face au traitement des détenus radicalisés les plus violents. 
Les syndicats dénoncent en particulier le récent allègement des conditions de détention de l'agresseur et réclament le départ du directeur de cet établissement ultra-sécurisé, situé à une trentaine de kilomètres au sud de Lille, inauguré en mars 2015 et qui abrite actuellement 100 détenus.

Cette agression "a mis en avant des défaillances au niveau de la sécurité", a souligné  Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT Pénitentiaire. "Il faut plus de sécurité, plus de moyens, plus de personnel", a-t-il poursuivi.

La ministre de la Justice manque de réactivité

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Nicole Belloubet doit faire le déplacement mardi - six jours plus tard - dans cette prison du Pas-de-Calais, où trois gardiens ont été blessés jeudi à l'arme blanche par l'islamiste allemand Christian Ganczarski, 51 ans, un des instigateurs de l'attentat contre la synagogue de Djerba (Tunisie), qui avait fait 21 morts en avril 2002 et a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle. 
Il devait toutefois être libéré le 24 janvier 2018, mais était sous le coup d’une extradition vers les Etats-Unis, pour y être entendu dans une enquête sur les attentats du 11 Septembre, ce qu’il voulait à tout prix éviter. Une perspective qui a pu être le "déclencheur"...
Le syndicat majoritaire Ufap-Unsa-Justice précise : "On était au courant qu’il avait juré d’agir. Il l’avait dit à des surveillants." Par conséquent, le détenu avait été placé à l’isolement sous un régime particulier, menotté pour tous ses déplacements et les équipes en charge étaient composées de quatre personnes portant des tenues spéciales. "Ces mesures ont été levées verbalement pour le week-end par le directeur", révèle Julien Martin, secrétaire interrégional FO.
D’après les différents récits des surveillants, une fois encore, lundi matin, le directeur de l’établissement, Richard Bauer, aurait décidé d’alléger le dispositif de sécurité.

Samedi matin, le cabinet de la garde des Sceaux a reçu les syndicats qui ont quitté les discussions en "claquant la porte". "Aucune réponse concrète aux revendications portées par nos organisations syndicales respectives ne nous a été apportée afin de mettre un terme à l'absence de considération et de moyens, notamment en matière de sécurité, au sein des établissements pénitentiaires", ont dénoncé les trois syndicats dans un communiqué commun.

La ministre est une femme de dossiers manquant cruellement de la connaissance du terrain : professeure des universités qui enseigna le droit avant de devenir rectrice de l'académie de Limoges, puis de celle de Toulouse, et d'être désignée membre du Conseil constitutionnel (mars 2013-juin 2017) par le socialiste Jean-Pierre Bel.
En tant que femme politique, elle a été
adjointe à la ... Culture du maire  de Toulouse, Pierre Cohen, qui apporta son soutien à Benoît Hamon au second tour de la primaire citoyenne de 2017.
Le ministère de la Justice a demandé une mission d'inspection dans cette prison. Les investigations sur les circonstances de l'agression et les responsabilités "ont déjà commencé" et l'introuvable Garde des sceaux "prendra les décisions adaptées, dès la remise des conclusions", a indiqué samedi la chancellerie
Ce n'est qu'ensuite que Belloubet "se rendra ensuite à Vendin-le-Vieil pour évoquer avec les personnels et leurs représentants les voies d'amélioration de leur sécurité".
La ministre "ne sera pas accueillie tant que le directeur de Vendin-le-Vieil sera en place", a prévenu samedi Jean-François Forget à l'issue de la réunion, place Vendôme.

Or, Vendin-le-Vieil doit accueillir Salah Abdeslam, dernier survivant des commandos des attentats du 13 novembre 2015, lors de son procès en Belgique. Belloubet a estimé qu'"il n'y a pas de raison de revenir sur cette décision", en dépit de cette agression.
Abdeslam est actuellement incarcéré à Fleury-Mérogis près de Paris dans des conditions extrêmement rigoureuses, à l'isolement et sous vidéosurveillance permanente.

dimanche 14 janvier 2018

Le président de l’Assemblée veut inscrire la neutralité du Net dans la Constitution: "oeil de Moscou" ?

De Rugy plaide pour une France étatique et totalitaire

Les centristes se radicalisent !...

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Le président de l'Assemblée désigné par Macron voudrait l'inscription de la neutralité du Net dans la Constitution ?  La neutralité du Net, en assurant l'égal traitement des flux d'information, et non pas de connexion,  promet de garantir que l'accès au réseau ne dépend pas des ressources financières des utilisateurs. Mais un contrôle étatique des flux d'information - ajouté à la toute-puissance des fournisseurs d'accès - est-il un moyen déguisé de censure politique, additionnée au favoritisme des fournisseurs en direction des sites et blogs qui leurs rapportent en termes de publicité et de cueillette des informations sur les pratiques des usagers ?

Cette idée a surgi dans l'esprit fou d'un démocrate donneur de leçons et dans les débats en cours autour de la révision du texte fondamental, théoriquement prévue pour la fin de juillet. Pourtant, lors de ses vœux à la presse, jeudi 11 janvier, le président de l’Assemblée nationale, l’y a introduite en annonçant sa volonté de "reconnaître le numérique comme un droit fondamental en promouvant un accès libre, égal et universel aux réseaux numériques." Bref, à "constitutionnaliser la neutralité du Net" qu’il voit - paradoxalement - comme "un principe d’égalité et de liberté." Ce principe de neutralité veut que les données sur Internet soient acheminées sans discrimination par les fournisseurs d’accès à Internet (FAI), qui ne peuvent ralentir la connexion à un site en particulier. En effet, on ne le sait pas suffisamment, ces ralentissements existent et se multiplient. Dans le contexte du débat actuel sur l'obsolescence programmée, certains internautes remarquent qu'ils subissent, du fait de leurs idées, des sanctions techniques auxquelles s'associent certains hébergeurs qui acceptent les pressions du pouvoir. Orange ou Google, notamment,  semblent visés, sur toute ou partie de l'étendue de leurs "services", avec Dailymotion ou YouTube, par exemple.

Le pouvoir rend-il fou ?
Le faire entrer dans la Constitution "donnerait une force particulière à ce principe dont on voit qu’il peut être attaqué dans de grandes démocraties, comme les Etats-Unis", a argumenté le président de l’Assemblée devant quelques journalistes stupéfaits, après sa conférence de presse, en référence à la décision des autorités américaines de revenir sur les règles garantissant ce principe. 

Macron avait demandé aux présidents de l’Assemblée et du Sénat de formuler des propositions en vue de la réforme constitutionnelle

Résultat de recherche d'images pour "neutralité du Net"C’est pourquoi François de Rugy a repris la proposition initialement énoncée par les députées Paula Forteza (LREM, 31 ans, Français de l’étranger) et Cécile Untermaier (67 ans, Nouvelle Gauche, Saône-et-Loire) dans le cadre de travaux de réforme de l’Assemblée, en réponse à l'incitation du monarque-président, le 3 juillet, lors de son discours au Congrès. Rugy a nommé la Franco-argentine, parce qu'impliquée dans la promotion et la défense du logiciel libre dans l'espace francophone, rapporteuse d'un des groupes de travail visant à réformer l'Assemblée nationale, celui de la "démocratie numérique et les nouvelles formes de participation citoyenne", et la seconde est l'initiatrice de l'ouverture d'un débat avec la population, en amont des futurs projets de loi soumis à l'Assemblée nationale.
Ce n'est pas la nécessité de réformes qui s'impose à l'assemblée, mais le besoin de justifier son existence.

François de Rugy a également voulu couper l’herbe sous le pied de certains fournisseurs d’accès. 
Après la décision américaine de mettre fin aux règles de neutralité, ils sont soupçonnés d'avoir manifesté la volonté de suivre un chemin similaire en France. La situation dans l’Hexagone serait, de fait, très différente des Etats-Unis, mais, à y bien regarder, tellement dépendants. 
Et puis, la neutralité du Net y est déjà encadrée par le biais de textes européens qui ont une valeur juridique supérieure aux lois nationales. Mais, bien que  garantie par la loi en Europe, elle serait toutefois menacée, selon les suspicieux. 
Par ailleurs, dans un arrêt portant sur la loi Hadopi, le Conseil constitutionnel avait estimé en 2009 que la liberté d’expression impliquait désormais la liberté d’accéder à Internet. 

   
"Aucun besoin de modification législative ou constitutionnelle"

Il faut juste laisser le temps au cadre actuel de se mettre en œuvre. "A ce stade, aucun problème réel n’a d’ailleurs été soulevé par les autorités européennes", a réagi la Fédération française des télécoms. 
"L’idée est assez bonne, parce que la neutralité du Net relève des libertés fondamentales", riposte de son côté Benjamin Bayart, président de la Fédération des fournisseurs d’accès à Internet associatif, et défenseur historique de la neutralité du Net en France. 

"Mais l’articulation en droit est complexe : la Constitution organise le fonctionnement et l’équilibre des pouvoirs, elle vise l’Etat et pas tellement les règles de business. Une formulation trop vague n’aura qu’une portée symbolique"
Même son de cloche du côté de la Quadrature du Net, association de défense des libertés en ligne. Sollicitée, elle estime "l’intention louable" tout en expliquant que "seule une définition précise et complète de la neutralité du Net, qui en anticipe tous les contournements, serait efficace"

Une loi modifiant la Constitution doit être adoptée par référendum ou par les trois cinquièmes du Congrès. Cette dernière option est actuellement privilégiée par l’Elysée, qui va cependant avoir besoin de rassembler au-delà de ses rangs, particulièrement au Sénat, pour attendre le seuil de voix nécessaire.

Qui serait en charge de cette supervision, quand on sait que le CSA est, au mieux, inopérant et, au pire, sectaire ?