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vendredi 20 octobre 2017

Intérêts et patrimoine : les députés phobiques de la transparence

Le renouvellement de la vie politique marque le pas: 13 déclarations manquantes et des lacunes

Treize députés récalcitrants n'ont pas déposé leur déclaration d'intérêts ou de patrimoine

La Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a livré les noms des "négligents" en pâture, jeudi. Elle a en outre constaté "des manquements" dans certaines déclarations.© AFP/Archives JOEL SAGET T

Sur l’ensemble des élus de la XVe législature, "494 députés ont déposé dans le délai légal et à ce jour, 13 députés n’ont pas déposé au moins l’une des deux déclarations", a révélé la Haute Autorité, qui a saisi le bureau de l’Assemblée nationale, plus haute instance collégiale, de ces cas.
Quelque 80 députés ont remis leurs déclarations d’intérêts hors délai. Les déclarations d’intérêts et d’activité sont publiées en ligne à compter de ce jeudi, les déclarations de patrimoine seront consultables plus tard en préfecture et ne pourront être divulguées, conformément à la loi sur la transparence post-Cahuzac de 2013. 

Les élus qui n'ont pas déclaré leurs intérêts (participation au capital de sociétés, activité du conjoint…) sont, quatre élus du parti du président - et dirigeants d'entreprisesur six rebelles  : 
Alexandre Freschi (LREM, Lot-et-Garonne, dirigeant de société sur sa fiche Assemblée), 
Béatrice Descamps (Constructifs, Nord, directrice d’école), 
Image associée
Bénédicte Taurine (LFI, Ariège, professeure de SVT en collège, ci-contre à droite), qui a depuis fait savoir que sa déclaration aurait été transmise dans les délais, mais qu’il y aurait "un problème informatique de transfert", tombé sur elle par malchance ou paranoïa, et qu'elle aurait envoyé un mail à ce sujet à la HATVP. 
Jean-Claude Leclabart (LREM, Somme, retraité agricole, mais créateur d'une entreprise de négoce au Marché international de Lille), 
Julien Borowczyk (LREM, Loire, médecin
et Sophie Errante (LREM, Loire-Atlantique, cheffe d’entreprise). Cette dernière avait été candidate en juin au “perchoir”. 

Sept autres n’ont pas remis à ce jour leur déclaration de patrimoine
Les députés avaient jusqu’au lundi 21 août pour déposer leurs deux déclarations. Après "un premier examen", la Haute autorité a constaté que "la grande majorité" des déclarations remises a été "remplie de manière satisfaisante". 
Mais elle a pointé "des carences sur certaines rubriques qui paraissent peu ou mal prises en compte, par exemple s’agissant de l’identification des collaborateurs parlementaires et de leurs activités annexes". 
Certains élus ont aussi déclaré uniquement leurs revenus 2017. 

Quelques députés ont déclaré des collaborateurs familiaux, or, adoptées - par eux - cet été, les lois de moralisation de la vie publique leur imposent de les licencier dans les prochaines semaines si cela n’a pas été fait dans l’intervalle.
En outre, "certains manquements" pouvant constituer un délit au regard du code électoral ont été observés. La HATVP doit poursuivre l’instruction de ces dossiers et pourra saisir le Parquet en cas d’omission substantielle d’intérêts, comme le prévoit la loi. 

La question des conflits d’intérêts, que cette publication vise à prévenir, est sensible 
Résultat de recherche d'images pour "Intérêts et patrimoine"
dans une Assemblée profondément renouvelée qui a fait campagne sur un renouvellement des moeurs politiques. Nombre d’entre eux, jeunes arrogants venus de la société civile, promettaient d'assainir le climat. 
Les lois de moralisation ont prévu notamment un registre public des déports sur tel ou tel dossier. Les lobbies ont aussi désormais interdiction de rémunérer les collaborateurs parlementaires, plusieurs collaborateurs ne paraissant pas en règle à ce jour. 
Vu les déclarations d’intérêts en ligne et en open data, plus de 200 députés conservent une activité annexe (publique ou privée) à leur mandat, ce qui est permis, sauf exceptions. Olivier Dassault (LR, Oise) figure parmi les élus touchant les rémunérations annexes les plus élevées, avec près de 330.000 euros net en 2016, mais le patron de plusieurs entreprises, Bruno Bonnell (LREM, Rhône) a indiqué par écrit qu’il avait quitté ou s’apprêtait à quitter la tête de certaines.
Plus insolite, le mathématicien Cédric Villani (LREM, Essonne) a noirci sa déclaration de commentaires. Ainsi, pour 12.440 euros tirés en 2017 de ses interventions comme scientifique, "il faudrait recenser en particulier des dizaines d’universités étrangères réparties sur tous les continents", mais, à l’avenir, ces sommes "seront nettement moins importantes du fait de (son) emploi du temps centré sur les fonctions de député". On ne voit pas où est le problème : les contribuables aux frais réels connaissent le sujet et y font face.

Voici ce que contient la déclaration de patrimoine d’Emmanuel Macron

Le rédacteur était alors candidat d’En Marche ! à l’élection présidentielle, publiée  le 22 mars par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) avec celles des onze candidats qualifiés pour le premier tour de l’élection présidentielle :
1. Les immeubles bâtis et non bâtis.
Néant. [Tanguy est hébergé par maman]
2. Les parts de société civile immobilière (SCI).
Néant. [c'est maman qui paie]
3. Les autres valeurs non cotées en bourse.
  • Au Crédit mutuel, en pleine propriété : une participation « négligeable » d’une valeur de 730 euros.
  • Un fonds de placement dans les PME, en pleine propriété : une participation de 0,5 % d’une valeur de 61 516 euros.
4. Les instruments financiers.
  • Comptes-titres chez Rothschild & Cie : 4 608,95 euros.
  • Comptes-titres au Crédit mutuel : 1 874,45 euros.
  • Un PEA chez Rothschild & Cie : 4 531,09 euros.
  • Un PEA au Crédit mutuel (nom et prénom du titulaire masqués) : 54 611,45 euros.
5. Les assurances-vie.
  • Crédit mutuel-Horizon Patrimoine, souscrit le 25 avril 2011 : 91 954,82 euros.
6. Les comptes bancaires courants et les produits d’épargne.
  • Crédit mutuel - Livret bleu : 20 231,79 euros.
  • Crédit mutuel - LDD et Livret fidélité : 40 316,43 euros.
  • Crédit mutuel - CEL : 317,02 euros.
  • Crédit mutuel - PEL : 1 407,76 euros.
  • Crédit mutuel - Livret bleu (nom et prénom du titulaire masqués) : 20 388,51 euros.
  • Crédit mutuel - LDD et Livret fidélité (nom et prénom du titulaire masqués) : 36 285,22 euros.
  • Crédit mutuel - CEL (nom et prénom du titulaire masqués) : 413,25 euros.
  • Crédit mutuel - PEL (nom et prénom du titulaire masqués) : 1 407,76 euros.
  • Crédit mutuel - compte courant : – 4 590,92 euros.
7. Les biens mobiliers divers, lorsque leur valeur unitaire est égale ou supérieure à 10 000 euros.
Néant.
8. Les véhicules à moteur.
Néant.
9. Les fonds de commerce, clientèles, charges et offices.
Néant.
10. Les espèces et les autres biens, dont les comptes courants de société ou stock-options d’une valeur supérieure ou égale à 10 000 euros.
Créance du solde de l’avance contractuelle nette (Editions XO) sur droits d’auteur pour le livre Révolution, reçu le 4 janvier 2017 : 274 141,42 euros.
11. Les biens mobiliers, immobiliers et comptes détenus à l’étranger.
Néant.
12. Le passif.
  • Crédit mutuel - prêt Modulimmo contracté le 23 novembre 2011 pour financement de travaux : 350 000 euros empruntés plus 64 155,65 euros d’intérêts d’emprunt et 8 874,48 euros d’assurance-décès, mensualités de 2 420,42 euros sur quinze ans, dont 246 837,44 euros restant à rembourser.
A NOTER

Le Crédit mutuel a son siège social dans le Finistère, comme Les Mutuelles de Bretagne (à Brest) qui se montrèrent si compréhensives avec son patron, ...Richard Ferrand. Mais si le ministère de la Justice l'a blanchi, bon, passons...

jeudi 19 octobre 2017

Nicolas Hulot a autorisé le pesticide "tueur d'abeilles"

Le ministre écolo de Macron a signé en douce

En catimini, la caution écologiste gouvernementale de Macron vient d'autoriser un nouveau pesticide néonicotinoïde, le sulfoxaflor


Sa toxicité est pourtant en cause dans l'effondrement des populations d'insectes et leurs effets nocifs sur la santé humaine inquiètent. 
C’est une nouvelle bombe dans le dossier ultra-explosif des pesticides. Alors que tous les projecteurs sont braqués sur le glyphosate, substance active soupçonnée de toxicité dans l’herbicide Roundup de Monsanto   - dont la ré-autorisation (ou non) dans l’Union Européenne est en suspens - , le ministre d'Etat ouvre la voie aux néonicotinoïdes, une autre famille de pesticides dits "tueurs d’abeilles", et dont l’impact sur notre santé inquiète de plus en plus. 

Les industriels viennent de remporter une victoire à la Pyrrhus
Résultat de recherche d'images pour "mort des abeilles"On apprend qu'en septembre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement, et du travail (Anses), a autorisé la mise sur le marché en France de deux pesticides (le Closer sur plusieurs fruits, légumes et plantes vertes, et le Transform sur des céréales à paille et sur le lin) contenant du sulfoxaflor, une molécule produite par l’entreprise américaine Dow AgroSciences. 
Ces deux autorisations "vident de sa substance l’interdiction des néonicotinoïdes" à partir du 1er septembre 2018 prévue par la loi sur la biodiversité de 2016, un engagement que le candidat Macron avait pourtant promis de maintenir

Résultat de recherche d'images pour "mort des abeilles" Les apiculteurs de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) ont découvert l’affaire mardi au détour d’un rendez-vous à l’ANSES pour faire le point sur cette interdiction. 
Gilles Lanio s'étrangle en rapportant le traquenard : "A notre grande surprise, nous avons appris avant-hier qu’on va a priori arrêter l’usage des néonicotinoïdes, mais qu’on va les remplacer par un nouveau néonicotinoïde, le sulfoxaflor ! On nous dit : "C’est vrai, c’est un neurotoxique, il agit de la même façon, mais ça n’est pas un néonicotinoïde." C’est faux ! On se moque de nous, je n’en reviens pas. C’est scandaleux, honteux et irresponsable. Cela s’est fait en catimini, je ne sais pas qui a fait ce coup-là, mais c’est pas mal…"
Et ils s'alarment. "C’est extrêmement grave, nous sommes révoltés, abasourdis, assommés", a lancé Gilles Lanio jeudi matin, lors d’une conférence de presse prévue de longue date pour alerter une énième fois sur une année catastrophique pour les abeilles (la récolte de miel en 2017 est à nouveau inférieure à 10.000 tonnes).

Les apiculteurs allaient présenter un rapport détaillant comment elles sont toujours largement exposées aux néonicotinoïdes, encouragés par le système agricole français. 

Hulot laisse un produit "hautement toxique pour les abeilles" arriver sur le marché et dans notre alimentation

Résultat de recherche d'images
L’astuce du substitut est bien trouvée. Comme le fait Dow AgroSciences, il suffit de nier le fait que le sulfoxaflor est un néonicotinoïde, puisque ces derniers ont désormais mauvaise presse. Omniprésents dans l’environnement et dans le corps humain, leurs effets sur le développement du cerveau, en particulier des enfants, inquiètent notamment de plus en plus, mais ils sont aussi présents dans 75% des miels produits dans le monde. 
Et ce sont eux qui seraient les principaux responsables de l’effondrement de 80% en trente ans des populations d’insectes en Europe, comme le suggère une étude publiée mercredi dans la revue PLoS One. 
Pourtant, "plusieurs publications scientifiques établissent que le sulfoxaflor appartient bien à la famille des néonicotinoïdes", insiste l’UNAF. Dans un avis rendu en mai 2014, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), plutôt connue pour être permissive, a qualifié l’insecticide de "hautement toxique pour les abeilles". Et en septembre 2015, une décision de justice américaine, annulant l’autorisation du sulfoxaflor à la demande d’apiculteurs et d’ONG, lui reconnaissait aussi l’appartenance à la famille des néonicotinoïdes. 

Gilles Lanio est scandalisé par la duplicité des industriels et du gouvernement
Résultat de recherche d'images pour "abeilles pollinisation""On alerte l’Anses sur les dangers de cette molécule depuis 2015, ils nous ont dit : "Ne vous inquiétez pas, on ne va pas l’autoriser, et de toute façon on vous tiendra informés." On leur a reposé la question il y a quelques mois, tout allait pour le mieux. Et là, on apprend que l’affaire est passée en catimini. 

L’Anses avait pourtant la possibilité de lancer une consultation du public sur le sujet, elle ne l’a pas fait. C’est scandaleux, triste, pitoyable." 

L’UNAF s’inquiète aussi de la mise sur le marché du sulfoxaflor, alors qu’aucune étude n’a été menée sur sa teneur dans les pollens et nectars des fleurs. Or, avance le syndicat d’apiculteurs, cette molécule a toutes les chances de s’y trouver, puisqu’elle est systémique, comme les autres néonicotinoïdes : une fois absorbée par la plante, elle circule jusque dans sa fleur. Comme elle a une longue persistance dans la plante, on pourrait même en retrouver des résidus dans les récoltes. 

"Double langage du gouvernement Philippe
"Plus de vingt ans après l’arrivée des néonicotinoïdes en France en 1994, on continue de les homologuer à la légère en disant : "On verra bien après !" s’insurge Henri Clément, le porte-parole de l’Unaf. On mettra ensuite dix ou quinze ans à retirer ces produits toxiques et pendant ce temps, chaque année, il y aura 300.000 à 400.000 colonies d’abeilles qui mourront, sans compter l’impact sur les eaux, les pollinisateurs, etc..." 

L’affaire est d’autant plus scandaleuse, explique-t-il, "qu’on est toujours dans le double langage. D’un côté le gouvernement  dit : "On préserve l’environnement, les abeilles, on prend soin de la nature et de votre santé", et puis, par-derrière on poursuit cette politique d’agrochimie, avec tous les impacts qu’elle peut avoir sur le plan environnemental, de la santé etc... C’est inacceptable, pitoyable, pathétique et irresponsable, c’est un manque de courage des pouvoirs publics qui est lamentable, un manque de responsabilité vis-à-vis de l’avenir et des générations futures".
"En démocratie, ce ne sont pas les lobbys qui gouvernent", pas plus que les ONG 
L’UNAF demande à obtenir les données sur lesquelles s’est basée l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation et de l'environnement pour autoriser les produits Closer et Transform. Et demande que le sulfoxaflor – ainsi qu’un autre "néonic" non encore autorisé, le flupyradifurone – "soient intégrés de toute urgence dans le projet de décret définissant les substances actives de la famille des néonicotinoïdes présentes dans les pesticides, afin que l’interdiction prévue dans la loi biodiversité couvre cette molécule". 

Selon Delphine Batho, ce projet de décret n’a tout simplement pas lieu d’être.
Or, sa publication serait prévue dans les prochains jours, sans le sulfoxaflor.  "La loi sur la biodiversité dit que les produits à base de néonicotinoïdes seront interdits à partir de 2018, avec des dérogations possibles jusqu’au 1er juillet 2020, mais elle ne dit pas que le gouvernement doit prendre un décret pour dire quelles substances – ou molécules – entrant dans la composition de ces produits sont des néonicotonoïdes. Cette liste n’a pas de raison d’exister, car la réglementation des substances est de la compétence européenne. Il s’agit d’un stratagème des firmes pour contourner la loi interdisant les néonicotinoïdes", explique à Libération l’ancienne ministre de l’Ecologie de François Hollande et actuelle députée PS, en pointe dans la lutte contre les néonicotinoïdes

Résultat de recherche d'images pour "pesticide néonicotinoïde""Cette affaire ne date pas de ce matin. Depuis des semaines, on savait que ce projet de décret est très sujet à caution, c’est une peau de banane destinée à ce qu’on ait des problèmes avec l’Europe, estime encore Delphine Batho. Et en plus, comme par hasard, le sulfoxaflor n’y figure pas. Je demande le retrait immédiat de l’autorisation de l’Anses des deux pesticides qui en contiennent. 

Nicolas Hulot doit réagir vivement et faire respecter la loi et l’esprit de la loi, car en démocratie, ce ne sont pas les lobbys qui gouvernent," insiste Batho.

L'ANSES et les industriels auraient tordu le bras de Hulot 


Résultat de recherche d'images pour "fondation Hulot abeilles"
Dès qu’on a appris l’autorisation de mise sur le marché de l’Anses, on a contacté le cabinet de Hulot, révèle Gilles Lannio. Ils sont franchement embarrassés. Apparemment, eux aussi se seraient fait surprendre. Je ne m’explique pas cela. On entend un président de la République qui dit : "Je veux mettre tout le monde en ordre, on évite les couacs." Si ça n’en est pas un… On peut se demander aujourd’hui s’il y a un pilote dans l’avion sur ces sujets." 

Le cabinet de Nicolas Hulot confirme que le ministre a bel et bien apposé sa signature sur le décret
Ses collègues de l’Agriculture et de la Santé ont également signé ce texte "permettant de sécuriser l'interdiction des néonicotinoïdes, pour qu'elle soit opérationnelle au niveau européen"
Quant à l'autorisation  par l’ANSES des deux produits contenant du sulfoxaflor, le ministère de la Transition écologique "savait que c'était dans les tuyaux" : "Cela ne nous plaît pas du tout, donc on cherche des solutions". Une réaction officielle est prévue ce vendredi. 

Fin juin, le premier "couac" gouvernemental et le premier bras de fer entre Nicolas Hulot et l’un de ses collègues, avait concerné… les néonicotinoïdes. 
Résultat de recherche d'images pour "L'Apiculture Pour les Nuls"
Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert avait avoué sa volonté de revenir sur leur interdiction. Aussitôt contredit par Nicolas Hulot, le Premier ministre Edouard Philippe avait apparemment donné raison à l'écologiste… tout en laissant la porte ouverte aux lobbies. 
"La question politique de fond, la voici : quel est le pouvoir du ministère de l’Environnement par rapport au ministère de l’Agriculture ?," interroge Henri Clément. Depuis vingt-cinq ans, en règle générale, c’est toujours le ministère de l’Agriculture et sa cohorte de la FNSEA qui a le pouvoir sur toutes les décisions du monde agricole. 
Soyons clairs : dire l’inverse est une aberration. Nicolas Hulot est ministre d’Etat, on aimerait bien qu’il arrive à s’imposer face à Travert." S’il ne le faisait pas, sur cette nouvelle affaire, ce ne serait pas une couleuvre, qu’il avalerait, mais un anaconda."
Résultat de recherche d'images pour "abeilles pollinisation"
Sans Hulot et Macron, la terre continue de tourner

Bertrand Cantat : polémique autour des InRocks

Le beau-frère de Cécile Duflot a tué sa compagne; Les InRocks fait pourtant sa promo

L'AFP peine à nommer le magazine

"La photo en Une d'un magazine du chanteur français Bertrand Cantat, 
condamné pour avoir tué sa compagne, l'actrice Marie Trintignant, en 2003 à Vilnius, a suscité une vive polémique en France, en plein scandale Weinstein sur les violences contre les femmes."

L'AFP le nomme seulement pour souligner que, dans un éditorial, le magazine Les Inrockuptibles a exprimé mardi des "regrets" pour son "parti pris éditorial" et reconnu que sa couverture du 6 octobre était "contestable", plutôt deux fois qu'une, puisqu'elle fait la promotion du nouvel album solo de Bertrand Cantat.

Des regrets sous la pression de nombreuses réactions indignées

Le magazine Elle a publié un cinglant éditorial  intitulé " 'Au nom de Marie', pour toutes les femmes victimes de la violence des hommes", du moins certains..., publié lundi sur les réseaux sociaux.

Résultat de recherche d'images pour "2005 Cantat tue sa femme"
Apologie de "l'amour vache" ?
Dans un simple "avis à [ses] lecteurs", l'éditorialiste anonyme des Inrockuptibles (Les Inrocks) rétropédale à contre-coeur évoquant "la souffrance qu'a pu engendrer cette couverture nous a profondément touchés".

"Les réactions qui ont suivi (...) nous ont bouleversés, assure le Tartufe. Tout cela nous engage et nous engagera à faire toujours preuve de vigilance dans notre façon de traiter et de mettre en scène les sujets que nous estimons importants. Pour un magazine comme Les Inrockuptibles, le retour de Bertrand Cantat à la musique en fut un", maintient le magazine qui ne revient que du bout des lèvres sur son choix éditorial de mettre le meurtrier en vedette. 

Le frère de Bertrand Cantat 
avec sa compagne, Cécile Duflot
Toutefois, "le mettre en couverture était contestable. A ceux qui se sont sentis blessés - dont Les InRocks n'est nullement - , nous exprimons nos sincères regrets", poursuit l'éditorial, prétendant a posteriori que le choix de cette Une a suscité de nombreux débats en interne.

De vives réactions obligées de Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat française chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes. 

Mme Schiappa se garde d'appeler au désabonnement...

Et pourquoi cette retenue de la ministre et de l'AFP ?
Le propriétaire des InRockuptibles n'est autre que le banquier Matthieu Pigasse.
Et le vice-président de la banque Lazard en Europe contrôle le magazine Les Inrockuptibles et Radio Nova, ainsi que co-actionnaire du Groupe Le Monde et du Huffington Post.
En 2012, au titre de l'aide à la presse, Les Inrockuptibles reçoivent 329.000 € de subvention de la part de l'État auquel Schiappa appartient.
La Une des "Inrocks" dédiée à l'ex-leader de Noir Désir Bertrand Cantat en faveur de son premier disque solo à paraître, a également fait bouger une autre féministe, Laurence Rossignol, ancienne ministre du Droit des femmes.

Résultat de recherche d'images pour "drame Vilnius titres presse"
"Marie Trintignant, on ne t'oublie pas. Il faudra davantage que la médiatisation obscène de Bertrand Cantat pour éteindre ta flamme", écrit Elle, magazine clairement militant pour la cause des femmes depuis plus de dix ans, notamment depuis la candidature socialiste de Ségolène Royal en 2007. 

"Avec cette grâce si singulière, son visage est devenu celui de toutes les femmes victimes de la violence des hommes", résume la journaliste Dorothée Werner dans son éditorial qui fait l'amalgame de tous les hommes, rappelant que 123 femmes ont été tuées en France par leur conjoint en 2016, sans nuance sur le milieu d'origine des des auteurs de ces crimes contre les femmes.

Et, au passage, Elle  n'hésite pas à instrumentaliser l'actualité du monde du cinéma.
"A toutes ces femmes comme aux actrices contre Weinstein, (...) il en faut, du courage", souligne-t-elle, faisant référence au scandale au retentissement planétaire visant le producteur américain Harvey Weinstein, accusé de viols et de multiples harcèlements sexuels, confondant homicide - un "féminicide" pour lexpress.fr - et dépravation sexuelle.

Le journal Le Monde procède au même mélange.
Résultat de recherche d'images pour "2005 Cantat tue sa femme"
Solidaire de son confrère, le salarié de Pigasse choisit les citations des InRocks sur le journalisme qui "exige, parfois, d’aller questionner les zones d’ombre, d’aller au-delà des frontières et des évidences, quelles qu’elles soient". Nous culpabiliserions presque de ne pas comprendre la "pensée complexe" des psys des InRocks et Le Monde, les amis de Macron, réunis dans le même plaidoyer pro domo...
Puis, l’hebdomadaire hasarde une seconde justification, selon laquelle " l’histoire de Bertrand Cantat fait partie de celle des InRockuptibles, depuis les années 1980", Noir Désir ayant participé, selon lui, à la "construction de [son] identité". C’est d’ailleurs pourquoi le journal avait choisi, en 2013, de publier la première interview de Bertrand Cantat depuis le drame de Vilnius dix ans auparavant, explique-t-il aux "illettrés".





Et 20 minute se pose la question qui tue : "
Bertrand Cantat est-il redevenu un chanteur comme les autres?" (12 oct. 2017)

L'impudique Les InRocks se porte même à l'avant-garde du combat féministe
"Les débats qui, la semaine passée, se sont fait jour, nous motivent aussi et surtout à poursuivre dans ces colonnes notre lutte contre les violences faites aux femmes. A continuer chaque jour le travail de déconstruction d’une domination masculine qui écrase les femmes, comme le prouve l’enquête que nous consacrons cette semaine au milieu du cinéma après la révélation de l’affaire Weinstein. A relayer les idées féministes comme cela a toujours été le cas. Il était important pour nous de vous dire cela."
Chaque réapparition artistique et médiatique de Bertrand Cantat, ex-chanteur du groupe Noir Désir, comme lors de son retour discographique en 2013 avec le groupe Détroit, suscite des réactions de rejet depuis le drame de 2003.

Sa compagne d'alors, l'actrice Marie Trintignant, avait succombé sous ses coups après une violente dispute, et Bertrand Cantat avait été condamné à huit ans de prison pour homicide.
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Il en a purgé quatre, dont un en Lituanie, avant de bénéficier d'une libération conditionnelle en 2007. Depuis juillet 2011, son contrôle judiciaire a pris fin.
Il est quitte... Les InRocks l'est-il aussi ?